Alex

Lorsqu’Alexandre vit l’étendue de son royaume il se mit à pleurer, car il n’avait plus rien à conquérir.

Un peu d’histoire

Vous aimez l’histoire ? Vous aimez l’histoire de France ? Vous aimez l’histoire des rois de France ? Si oui, alors matez cette vidéo et vous comprendrez tout.

Henri Guillemin

Qui était Henri Guillemin ? : Henri Guillemin était un historien. Mais un historien peut être pas tout à fait comme les autres. Et si je dis pas tout à fait comme les autres, c’est qu’il était considéré par nombre de ses confrères comme un polémiste, un partisan. Il est vrai que c’était un homme de gauche, un vrai, lui, et que ça se voyait, ça s’entendait, surtout lorsqu’il vous racontait une histoire, lorsqu’il vous racontait l’histoire. Et il l’a beaucoup racontée, notamment lors de conférences qu’il a donnés à la télévision suisse romande entre les années soixante et les années quatre-vingt. Et c’est autant ce qu’il racontait que sa façon de raconter qui m’a, n’ayons pas peur des mots, fasciné.

S’il était polémiste, ou partisan, j’ai été, oui, c’est le mot, fasciné par sa force de conviction, par la passion qu’il mettait à nous raconter Napoléon (qu’il n’épargne pas) ou Pétain (qu’il épargne encore moins) ou Jeanne d’Arc (pour laquelle il éprouve tendresse et admiration) ou la Commune. Et si on a pu lui reprocher une certaine subjectivité, parce qu’il aurait privilégié, sciemment ou non, tel témoignage plutôt que tel autre, il suffit de l’entendre pour découvrir un homme intelligent, drôle et souvent sarcastique.

Et s’il pouvait avoir tendance à s’éloigner quelque peu de la vérité historique il était, en tout cas, sincère et vrai dans l’approche des personnages ou des faits qu’il évoquait, et je pense, là, tout particulièrement à la Commune.

Qu’est-ce que c’est la Commune ? De quoi s’agit-il ? C’est l’histoire d’hommes et de femmes qui veulent la liberté, qui veulent la république, pas une république de bourgeois, de nantis, de gens de bien ou d’honnêtes gens, c’est parait-il ainsi qu’ils se désignaient eux-mêmes, non, une république ou chacun aurait sa part de bonheur et où les pauvres, la canaille, comme les appelaient certains, ne seraient pas condamnés à rester pauvres. Pauvres et muets, car qui aurait souhaité leur donner la parole au risque de voir s’écrouler un équilibre social ou les pauvres sont de plus en plus pauvres et les riches de plus en plus riches. L’histoire est un éternel recommencement dirait-on.

Henri Guillemin est du côté du peuple, cela est certain et est-ce tromperie que de voir l’histoire de son côté et non de celui des gens de biens, je ne le crois pas. Mais je ne suis sans doute pas très objectif.

On disait de lui, et on le dit encore, qu’il était un merveilleux conteur. Sans doute. Mais pas seulement. C’était un passionné, un humaniste, un honnête homme qui ne cherchait pas les honneurs et aussi un homme courageux qui n’hésitait pas à remettre en question l’histoire officielle. A cet égard, ce qu’il dit sur Pétain, que beaucoup ont essayé de faire passer pour une victime, est frappant, car l’on sait aujourd’hui que la politique de Vichy, de l’état français, était une politique agressive, conduite d’une main de fer par un homme qui n’aimait ni la république, ni ce qui pouvait ressembler, de près ou de loin, au socialisme.

Historien, critique littéraire, conférencier et polémiste français reconnu pour ses talents de conteur historique et pour ses travaux sur les grands personnages de l’histoire de France.
(Source Wikipédia)

Les vidéos d’Henri Guillemin sont disponibles sur le site de la Radio Télévision Suisse (RTS).

16 juillet 1893

C’est la date à laquelle cette photo a été prise. Elle figure sur une ardoise, qui ressemble étrangement à un cartable, accompagnée du lieu : Villa des Grottes, Aix-en-Provence. Sont présents, sur cette photo, mes arrière-grands-parents maternels, c’est à dire les parents de ma grand-mère maternelle. Mon arrière-grand-père est à droite, dans la rangée du milieu, il porte une belle moustache et sa main gauche est posée sur l’épaule de mon arrière-grand-mère.

Il s’appelle Alfred, Henri, Antoine Bernascolle. Il est né le 6 décembre 1865, à Aix-en-Provence, il est mort le 24 janvier 1925, dans la même ville. Il est maçon. Elle s’appelle Julie Eléonore Baille. Elle est née le 16 décembre 1861, à Rians (Var), elle est morte le 15 avril 1914, à Aix-en-Provence. Ils se sont mariés le samedi 1er octobre 1892, à Aix-en-Provence.

Le petit garçon qui est assis sur les genoux de mon arrière-grand-mère est le frère ainé de ma grand-mère. Je ne sais pas quand il est né, je ne sais pas quand il est mort. Je ne sais pas si ma grand-mère, née en 1895, le 4 décembre, jour de la Sainte-Barbe, l’a connu. Je n’ai appris l’existence de cette photo, et de ce petit garçon, mon grand-oncle, qu’après la mort de ma grand-mère, en 1994.

Bien que mon arrière-grand-mère ait les yeux fermés, cette photo a certainement été prise par un professionnel. A quelle occasion ? Je n’en sais rien. Il devait sans doute y en avoir une, importante, peut-être, car ils sont tous bien habillés, quoique que les hommes aient tombé la veste à cause de la chaleur. Ils sont tous sérieux, graves, même. On voit qu’ils n’ont pas l’habitude d’être pris en photo. Mais à cette époque, qui a l’habitude d’être pris en photo ? Mon arrière-grand-père a un air déterminé, volontaire. Même sa moustache a un air volontaire.

Je ne sais pas qui sont les autres personnes. Des amis ? Des voisins ? Des gens de la famille ?

Le jour où cette photo a été prise, les personnes qui posent devant l’objectif du photographe ne savent peut-être pas qui est Paul Cézanne, qu’ils ont peut-être croisé sur une route qui le menait à la Sainte-Victoire. Ils ne savent peut-être pas non plus qu’Emile Zola a passé son enfance à Aix et qu’il est un grand écrivain. Ils ignorent tout d’Alfred Dreyfus, l’affaire n’éclatera que l’année suivante, en 1894. Ils ont en revanche encore en tête le souvenir de la cuisante défaite de 1870, et celui de la commune, qu’on a dû leur raconter, peut-être, car ils étaient, pour la plupart d’entre eux, bien jeunes. Ils connaitront d’autres horreurs avec la guerre suivante, dans 21 ans.

Ils ne connaissent rien d’Edmond Rostand et de Cyrano de Bergerac, puisque la pièce n’a pas encore été écrite. Edmond Rostand écrira sa pièce entre 1896 et 1897. Elle sera créée au Théâtre de la Porte Saint-Martin, à Paris, en décembre 1897.

Ils ignorent tout du cinéma puisqu’il n’a pas encore été inventé.

Cette liste, bien sûr, n’est pas exhaustive.